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CRIC
GRAMMAIRE PRATIQUE DU CILUBA

1 INTRODUCTION 
 
Le ciluba est une des langues intranationales que l’Afrique connaît aujourd’hui. Il fait partie de quatre langues nationales officielles de la République Démocratique du Congo, les trois autres étant le kikongo, le kiswahili et lingala. 
 
Depuis plus d’un siècle, plusieurs productions sont faites dans cette langue et dans divers domaines tels que la presse, l’histoire, la musique, la religion, l’enseignement, la littérature, la terminologie, la lexicographie, etc. 
 
Le ciluba domine tant dans le Kasaayi occidental que dans le Kasaayi oriental et il y est enseigné dans les écoles primaires, dans les instituts supérieurs et dans les universités. Il remplit en outre d’autres fonctions sociales importantes, car il est la langue de l’administration, des cours et tribunaux, de la culture, de l’information, etc. 
 
Les éléments de grammaire luba – kasaayi que nous présentons ici découlent de l’exploitation de diverses descriptions scientifiques réalisées sur cette langue. Ils ont l’avantage d’être simplifiés et d’être débarassés dans la mesure du possible de termes techniques et susceptibles de permettre aux lecteurs non locuteurs d’accéder facilement à une meilleure connaissance des mécanismes de la langue et à un maniement aisé de celle-ci. 
 
L’orthographe adoptée obéit aux règles de notation fixées par le premier Séminaires des Linguistes du Zaïre en 1974. Elle se différencie de l’orthographe ordinaire par la notation des tons et de la quantité vocalique, qui font partie intégrante du système du ciluba et sans lesquels il se poserait des problèmes de compréhensions de la langue écrite. 
 
 
2 PHONOLOGIE 
 
2.1 Les voyelles = i, u, o, e, a. 
 
Ces voyelles peuvent se réaliser longues ou brèves. Quand elles sont réalisées longues, elles sont indiquées par le redoublement des voyelles brèves. 
 
a) La voyelle i brève se prononce comme i dans le mot français lit. 
Exemples : - díyí = oeuf; - kúmíná = avaler 
 
b) La voyelle ii longue se prononce comme dans les mots français livre et pupitre. 
Exemples : - cííbí = porte; - díítábá = croyance 
 
c) La voyelle u brève se prononce comme dans les mots français cou, tout, fou, pou, etc. 
Exemples : - nkútú = cuillère; - múnú = doigt 
 
d) La voyelle uu longue se prononce comme dans les mots français cour, tour, four, etc. 
Exemples : - kútúútá = frapper; - múúlú = en haut 
 
e) La voyelle o brève se prononce de la même manière que dans les mots français pot, sot, lot, etc. 
Exemples : - múkòlù = jambe; - díkópú = tasse 
 
f) La voyelle oo longue se prononce de la mëme manière que dans les mots français mort, port, corps, etc. 
Exemples :- mùkóókú = mouton; - cíkóólú = palme 
 
g) La voyelle e brève se prononce de la même manière que dans les mots français poche, courage, nettoyage, etc. 
Exemples :- cíkélà = poisson; - múlédí = parent 
 
h) La voyelle ee longue se prononce de la même manière que dans les mots français alerte, terminer, énergie, etc. 
Exemples : - mútèèlú = chemise; - kéélà = couteau 
 
i) La voyelle a brève se prononce de la même manière que dans les mots français bas, pas, cas, etc. 
Exemples : - díkàsà = pied; - díbàkà = mariage 
 
j) La voyelle aa longue se prononce de la même manière que dans les mots français palabre, parc, monarque, etc. 
Exemples : - cítààlà = coq; - káábá = place 
 
2.2 Les semi-voyelles : w & y 
 
En ciluba, les semi-voyelles se forment à partir des voyelles u et i. Ainsi donc, u suivi d’une voyelle autre qu’elle-même, se prononce w. Il en est de même de la voyelle i qui, suivie d’une autre voyelle qu’elle-même se prononce y. 
Exemples
- bwâtù = pirogue; - mwábá = place 
- díkáyá = épaule; - kwéyélá = respirer 
 
2.3 Les consonnes : b, c, d, h, f, j, k, l, m, n, ng, p, r, t, s, sh, v, z. 
 
Dans l’orthographe du ciluba, ng et sh sont les seuls sons consonnantiques simples qui sont représentés dans la graphie par deux signes. La consonne p quant à elle, se réalise de deux principales façons. Premièrement comme h aspiré du français et deuxièment, il est réalisé en rapprochant les lèvres comme pour souffler tout doucement. Ceci occasionne, en expirant, le passage de l’air aui frotte à travers le retrécissement ainsi obtenu. 
 
Cependant, lorsque p est précédé de la consonne m, on s’aperçoit de l’explosion du son français p. 
Exemples :  
- b : kabwabwa = commérage;  
- c : cilalu = pont;  
- d : dikaya = épaule;  
- h : kwehela = esquiver 
- f : mfwanka = tabac;  
- j : kujoja = regarder 
- k : kaba = ratière;  
- l : lulama = droit; 
- m : mulongu = rang;  
- n : nkwasa = chaise; 
- ng : ngonga = cloche;  
- p : mupanu = pantalon; 
- r : radyo = radio;  
- t : twîshí = microbes; 
- s : musesu = chemin;  
- sh : kushila = laisser à; 
- v : mvula = pluie;  
- z : kuzaza = avarier. 
 
2.4 La syllabe 
La syllabe est un son ou groupe de sons qui se prononce en une seule émission de la voix. Elle peut donc être constituée d’une seule voyelle ou d’une voyelle associée à des consonnes ou à des semi-voyelles. 
Exemples : 
· á – pá ici 
· nkwá – sá chaise  
· mú – cì arbre 
· kú – záá – zá broyer 
 
2.5 Les tons 
Le ton est la hauteur à laquelle une syllabe est prononcée. Comme les voyelles décrites ci-haut, les tons permettent de distinguer deux mots écrits de la même mais qui sont différents par leurs significations.  
En ciluba, les tons sont notés par les mêmes signes que ceux utilisés pour indiqués les accents en français et portent sur les voyelles de syllabes. 
2.5.1 Le ton haut 
Il est représenté dans l’orthographe par l’accent aigu. Un ton est dit haut lorsque la syllabe est réalisée avec une grande élevation de la voix. 
Exemples : 
· kúbálá lire 
· kúmáná terminer 
· múnú doigt 
 
2.5.2 Le ton bas 
Il est représenté dans l’orthographe par l’accent grave. Un ton est dit bas lorsque la ayllabe est réalisée avec un grand abaissement de la voix. 
Exemples : 
· mùlàngì bouteille 
· ndùngù piment 
· kúbàlà poindre 
· mùnù ici à l’intérieur 
 
2.5.3 Le ton descendant 
Ce ton est représenté graphiquement par l’accent circonflexe français. Un ton est dit descendant lorsqu’il y a sur une même syllabe une élevation et un abaissement de la voix. Il s’agit en fait d’une combinaison sur une syllabe d’un ton haut et d’un ton bas. 
Exemples : 
· bwâtú pirogue 
· mwâná enfant 
· dyâpá aisselle 
· dipwâpwá aile 
· dyâmpá pain 
 
2.5.4 Le ton montant 
Ce ton est représenté graphiquement par l’accent circonflexe français renversé. Un ton est dit montant lorsqu’il y asur une même syllabe un abaissement et une élevation de la voix. Il s’agit en fait de la combinaison sur une syllabe d’un ton bas et d’un ton haut. 
Exemples : 
· wăyí il vient de partir 
· mùkàndà wěpì où est le livre? 
 
Pour des raisons d’économie, seul le ton bas est marqué et ce, compte tenu de la trop grande fréquence des syllabes portant le ton haut. Cela veut dire que dans l’orthographe courante, l’absence de ton sur une voyelle indique la présence d’un ton haut. 
2.5.5 La longueur vocalique 
Par la quantité vocalique, nous entendons la réalisation d’une voyelle longue comme nous l’avons déjà dit plus haut en parlant des voyelles brèves et longues. 
Exemples : 
· dímíínuú sémence 
· dímínú oesophage 
· kúbáálá étendre 
· kúbálá lire 
· kújííká enterrer 
· kújíká terminer 
 
Cependant, il existe en ciluba des syllabes où la voyelle est automatiquement longue sans besoin que cela crée une différence de signification. Dans ce cas, le principe de redoublement de la voyelle pour indiquer la longueur ou la quantit´vocalique n’est pas appliquée. Eu égard à ce principe, est donc longue : 
a) toute voyelle précédée dans le corps d’un mot de w ou de y 
Exemples : 
· kúkwàtá saisir 
· dyúlú ciel 
 
b) toute voyelle initiale du radical d’un verbe, d’un thème du substantif ou d’un adjectif. 
Exemples : 
· kwówá ku - owa se laver 
· lwésú lu - esu casserole 
 
c) toute voyelle suivie immédiatement d’un son complexe constitué de n ou de m et d’une autre consonne et aussi quand elle est suivie de ng. 
Exemples : 
· cíntú chose 
· màkàndà force 
· kútàngílá regarder 
· kúlóndá suivre 
 
d) toute voyelle portant un ton descendant ou un ton montant. 
Exemples : 
· bâná les enfants 
· běpì? où sont-ils? 
· yêyá lui 
· wălú il vient d’arriver 
 
3 La morphologie 
Un consensus assez général règne parmi les linguistes pour considérer que le champ de la morphologie s’organise de la façon suivante: tout d’abord, on oppose la morphologie flexionnelle, dont le domaine est constitué par les variations formelles que subissent les mots en rapport avec leur fonction dans la phrase (conjugaison, déclinaison), et la morphologie lexicale, qui s’intéresse à la structure interne des unités lexicales. A l’intérieur de la morphologie lexicale, on distingue la morphologie dérivationnelle (ou constructionnelle), qui s’intéresse à la construction des mots au moyen des affixes dérivationnels, et la morphophonologie, qui étudie les configurations phonologiques et prosodiques des morphèmes et des mots.  
La présente section de notre étude se veut donc un rappel des éléments de la morphologie dérivationnelle ou constructionnelle du ciluba et la perspective que nous avons adoptée se veut essentiellement descriptive aux fins de permettre aux lecteurs d’accéder à une meilleure connaisance des mécanismes de l’appropriation de nouvelles technologies en ciluba. 
3.1 Le nom 
La forme du nom en ciluba comprend deux parties : une partie invariable qui porte le sens général du nom appelée thème et une autre variable qui permet de déterminer le nombre du nom appelée préfixe. 
Exemples : 
· múntú mú – ntú un homme 
- mú préfixe nominal 
- ntú thème nominal 
 
· múnèná mú – nèná grand 
- mú préfixe adjectival 
- nèná thème adjectival 
 
Selon leur forme, celle des accords qu’ils commandent et la catégorie d’objets désignés apr le nom, les préfixes nominaux se répartissent en groupes appelés classes nominales. 
Exemples : 
· classe mu múntú personne humaine 
múkàjì femme 
mwâná enfant 
 
· classe ba bántú des hommes 
bákàjì des femmes 
bâná des enfants 
 
· classe mu mùlàngì bouteille 
múcìmá foie 
mwêndù lampe 
 
· classe mi mìlàngì des bouteilles 
mícìmá des foies 
myêndù des lampes 
 
· classe di dìlòngù assiette 
dícì oreille 
díkàsà pied 
 
· classe ma màlòngù des assiettes 
mácì des oreilles 
mákàsà des pieds 
 
· classe ci cílàmbà habit 
cíbòtá banane 
cíkùmbì étable 
 
· classe n, m nzòòlú poule 
ngómbá vache 
mbùjí chèvre 
 
· classe n, m nzòòlú des poules 
ngómbá des vaches 
mbùjí des chèvres 
 
· classe lu lúpángú parcelle 
lúdìmí langue 
lúkòmbú balai 
 
· classe n, m mpángú des parcelles 
ndìmí des langues 
nkòmbú des balais 
 
· classe ka káshìngì aiguille 
kápááyá rasoir 
kámbélà arachide 
 
· classe tu túshìngì des aiguilles 
kápááyá des rasoirs 
kámbélà des arachides 
 
· classe bu búdímí champ 
bwâtú pirogue 
búkòndù filet 
 
· classe ma mádímí des champs 
mâtú des pirogues 
mákòndù des filets 
 
· classe ku kúsàmbá consoler 
kúlóngá étudie, apprendrer 
kúséká rire, se moquer de 
 
· classe pa pámbèlú dehors 
pánshì sur terre 
pàcyácyà à l’aube 
 
· classe ku kúmbèlú à la maison 
kúmfúndú derrière 
kúnshìngá au téléphone 
 
· classe mu mú nsùbú dans la maison 
mú njílá sur la route 
mú nkwásá au pouvoir 
 
3.2 La formation du pluriel 
Les préfixes peuvent s’accoupler pour exprimer l’opposition singulier – pluriel. 
a) Les classes mu (singulier) & ba (pluriel) 
Ces classes sont généralement constituées de noms qui désignent les êtres humains. Il existe aussi des noms qui désignent des êtres humains et dépourvus de préfixes mais qui sont rangés dans ces classes. 
Exemples : 
· múntú bántú homme(s) 
· múlédí bálédí parent(s) 
· mutòòká bátòòká blanc(s) 
· tààtù bátààtù père(s) 
· mààmù bámààmù mère(s) 
· mánsèbá bámansèbá oncle(s) maternel(s) 
· tùùtù bátùùtù grand(s) frère(s) 
· yààyà báyààyà grande(s) soeur(s) 
· káákù bákáákù grand(s) père(s) 
 
b) Les classes mu (singulier) & mi (pluriel) 
Elles regroupent des noms désignant les réalités variées parmi lesquelles on dénombre principalement les noms de parties du corps, des noms plantes et d’objets. 
Exemples : 
· múcì mícì arbre(s) 
· musòkù mísòkù village(s) 
· mútù mítù tête(s) 
· múshìkú míshìkú levre(s) 
· músùlú mísùlú rivière(s) 
· múkàndà míkàndà livre(s) 
 
c) Les classes di (singulier) & ma (pluriel) 
Elles regroupent des noms des objets divers et essentiellement des noms de parties du corps allant de paires. 
Exemples : 
· díbòkú mábòkú bras 
· dítàmá mátàmá joue(s) 
· dícùwà mácùwà rechaud(s) 
· dícì mácì oreille(s) 
· dîsú mêsú yeux 
· díkópú mákópú tasse(s) 
 
d) Les classes ci (singulier) & bi (pluriel) 
Elles regroupent les noms d’instruments, d’objets, les noms abstraits et quelques noms d’êtres humains. 
Exemples : 
· cílémbí bílémbí chasseur(s) 
· cínjì bínjì colère(s) 
· císálú bísálú marché(s) 
· císánjì bísánjì radio(s) 
· cílámbá bílámbá pont(s) 
· cyándà byándà sorcellerie(s) 
 
e) Les classes n, m (singulier) & n, m (pluriel) 
Elles regroupent essentiellement les noms d’animaux, les noms de quelques objets et ceux de métiers spécialisés. 
Exemples : 
· nyòká nyòká serpent(s) 
· mbùjí mbùjí chèvre(s) 
· mbwá mbwá chien(s) 
· ngómbá ngómbá vache(s) 
· nyíngù nyíngù vase(s) d’eau 
· ngàmbà-mààlù spécialiste de la parole (journaliste) 
· ngènda-mushinga commerçant  
 
f) Les classes lu (singulier) & n, m (pluriel) 
Ces classes regroupent des noms désignant diverses réalités. 
Exemples : 
· lúsúkì nsúkì cheveu(x) 
· lúpùsù mpùsù galle(s) 
· lúzàdí nzàdí ongle(s) 
· lúbànzà mbànzà cour(s) 
· lúkàsú nkàsú houe(s)  
 
g) Les classes ka (singulier) & tu (pluriel) 
Ces classes regroupent essentiellement la plupart des diminutifs du ciluba. 
Exemples : 
· kásúúyí túsúúyí hache(s) 
· kátùmbà tútùmbà tracteur(s) 
· kábàdì túbàdì armoire(s) 
· kámwá túmwá moustique(s) 
· káshìbà túshìbà sifflet(s) 
· kámbélà túmbélà arachide(s) 
 
h) Les classes bu (singulier) & ma (pluriel) 
Ces classes renferment peu de mots concrets. 
Exemples : 
· búlààlú málààlú lit(s) 
· bútà mátà arc(s) 
· búdímí mádímí champ(s) 
· búkòndù mákòndù filet(s) 
· bwándà mándà fil(s) 
 
i) Les substantifs monoclasses 
En ciluba, certains mots ne connaissent pas d’opposition singulier – pluriel. Ils sont pour ce faire soit au singulier soit au pluriel. Rentrent dans ces classes les noms désignatn le lequide, la masse, les noms abstraits, les noms de langues et certaines notions relatives à la cosmogonie. 
Exemples : 
· dyúlú ciel 
· cíkóngú langue kikongo 
· císôngá langue songyè 
· cìsàwúdì langue kiswahili 
· búndù honte 
· bútáká nudité 
· bútùkú nuit 
· bwäná enfance 
· búbèèdì maladie 
· búpíká esclavage 
· búdíkàdìlé indépendance 
· búngèndà commerce 
· mâyí eau 
· màfútà huile 
· máshí sang 
· mátà salives 
· mênyí urines 
 
3.3 Les accompagnateurs du nom 
3.3.1 L’adjectif qualificatif 
C’est un mot variable qui exprime une manière d’être, une quqlité de l’être ou de l’objet désigné par le nom ou le pronom qu’il accompagne. 
En ciluba, l’adjectif qualificatif comporte deux parties : le thème, invariable, et le préfixe aui permet de faire l’accord avec le mot auquel il se rapporte. Il se place généralement après le nom. 
La liste des qualificatifs en ciluba est linitative, car les qualificatifs qui existent dans cette langue sont ceux qui signifient surtout : bon (impe); mauvais (-bi); grand, gros, large (-nena); petit (-kesa); cru, veert (-bishi); blanc, clair (-tooka); rouge (-kunza); noir, sombre (-fiika); court (-ipi); long (-le); succulent (-shema); vieux (-nunu), nombreux (-ingi); pourri (-bola); mâle (-lume); femelle (-kaji), etc. 
Exermples : 
· múntú mwîmpè un homme bon 
· cílàmbà cítòòká un habit blanc 
· díbèjí díbìshí une feuille verte 
· cyômbá císhêmá un manioc succulent 
· címúmá cíbólà un fruit pourri 
· múntú múkàjì un ëtre femel 
· ngómbá múnèná une grosse vache 
· mútèlú mufììké une chemise noire 
 
3.3.2 L’adjectif indéfini 
C’est une forme qui détermine une personne, une chose ou une idée de manière vague ou imprécise. Il joue aussi le rôle du totalisateur quqnd le nom qu’il accompagne exprime un pluriel. 
Comme l’adjectif quqlificatif, l’adjectif indéfini en ciluba se compose d’un thème et d’un préfixe identique à celui du nom auquel il se rapporte. 
Les principaux adjectifs indéfinis du ciluba sont entre autres : chaque (-onsu); autre (-kwabu); certains (-nga); etc. 
Exemples : 
· múlóngí múkwàbù un autre élève 
· kàlààsà kônsú toute la classe 
· lúpángú lúkwàbù une certaine parcelle 
 
3.3.3 Le déterminatif 
C’est une forme qui est composé d’un préfixe d’accord et de la voyelle a et qui, dans un rapport de détermination, sert à exprimer plusieurs types de relations.  
Pour plus d’informations concernant les préfixes d’accord, nous prions le lecteur de se reporter au tableau des classificateurs ci-dessous. 
a) L’appartenance 
Exemples : 
· múkòlù wà mèèsà le pied d’une table 
· cìtàmbálà cyà mààmù le foulard de maman 
 
b) La provenance ou l’origine 
Exemples : 
· málúvú àà mábwà le vin de palme 
· nyámá yàà mwítú les animaux sauvages 
 
c) La matière 
Exemples : 
· dînù dyà cyámù une dent prothèse 
· nzùbú wá nsónà une maison en chaume 
· lwésú lwà dìyówà unc casserole en aliminium 
 
d) La qualification 
Exemples : 
· mwâna wa mééjí un enfant intelligent 
 
e) La destination 
Exemples : 
· mâyì àà kúnwà eau à boire 
· cífúlú cyà kúpàná chapeau à vendre 
· bílámbà byà kúvwálá les habits à porter 
 
f) L’ordre et l’énumération 
Exemples : 
· múntú wá kúmpàlá le premier homme 
· múkàjì wá ndékélú la dernière femme 
· címánú cyà pánkácì le mur du milieu 
 
3.3.4 Le numéral 
On distingue en ciluba trois formes des numéraux : les numéraux absolus qui servnt à compter de 1 à l’infini sans référence à un être ou à un objet; les numéraux cardinauxd aui servent à indiquer la quqntité chiffrée des ëtres ou des objets désignés et les numéraux ordinaux aui servent à indiquer l’ordre ou le rang qu’occupe un être ou un objet. Seuls les deux derniers nous intéressent dans le cadre de cette recherche. 
a) Les numéraux cardinaux 
Ils sont de deux types : les numéraux variables qui vont de 1 à 6 et qui s’accordent avec les noms auxquels ils se rapportent et, les numéraux invariables qui vont de 7 à l’infini. 
Exemples : 
· múlóngí úmwé un élève  
· bálóngí bàbìdì deux élèves 
· nkwásá ìsàtù trois chaises 
· míkándá ìnááyí quatre livres 
· nzùbú ìtánú cinq maisons 
· bífúlú bìsámbòmbù six chapeaux 
· bálóngí mwándámútékété sept élèves 
· nkúdímbá dííkùmí dix pigeons 
· mákóndá cítèèmà neuf grandes bananes 
 
b) Les numéraux cardinaux 
Ils ont des formes diverses et variées : le premier s’exprime par un déterminatif suivi de kumpala signifiant devant, de 2 à 6, les numéraux ordinaux se composent d’un préfixe d’accord et d’un thème numéral, à partir de 7, ils se composent d’un déterminatif suivi d’un numéral cardinal absolu. 
Exemples : 
· múntú wá kumpàlá le premier homme 
· dítùkú dísâtú le troisième jour 
· cídímú císámbòmbù la sixième année 
· múlóngí wá díkùmì le dixième élève 
 
 
3.3.5 Le tableau des classificateurs 
 
Préfixe nominal Préfixe verbal Préfixe d’accord 
mu ù mu 
ba bà ba 
mu ù mu 
mi ì mi 
di dì di 
ma à ma 
ci cì ci 
bi bì bi 
n, m ù mu 
n, m ì mi 
lu lù lu 
n, m ì mi 
ka kà ka 
tu tù tu 
bu bu bu 
ma à ma 
ku kù ku 
pa pà pa 
ku kù ku 
mu mù mu 
 
4 La formation des mots 
4.1 La dérivation affixale 
C’est une opération effectuée au moyen d’un affixe dérivationnel, cést-à-dire un morphème grammatical lié. Cette opération permet notamment de créer des lexèmes nouveaux. Ces affixes dérivationnels peuvent lier des lexèmes appartenant soit à la même catégorie grammaticale (deux noms, deux verbes, deux adjectifs), soit à des catégories grammaticales différentes (nom à un adjectif, un nom à un verbe, un adjectif à un nom, etc.). L’essentiel de cette section est consacré à ce mode de formation des termes.  
En ciluba comme dsns beaucoup de langues bantu, la dérivation se fait essentiellement à partir des verbes et des noms. Ainsi, en ajoutant certains éléments à un verbe ou à un nom, on obtient un autre verbe ou un autre nom de sens différent. 
Dans ce travail, nous parlerons de toutes ces deux sortes de dérivation, à savoir la dérivation nominale et la dérivation verbale qui sont des modes les plus exploités dans la création de nouveaux termes du lexique visuel des équipepements et matériels de bureau, thème de notre recherche. 
4.1.1 La dérivation nominale 
Plusieurs substantifs, en ciluba, peuvent être dérivés soit des adjectifs ou des verbes, soit d’autres noms. 
4.1.1.1 Noms dérivés de noms 
Ce type de formation des noms se fait par remplacement des préfixes ou par l’adjonction d’un autre préfixe initial au nom. En ciluba, les noms obtenus grâce à ce type de dérivation renferment notamment les nuances de diminutif ou d’augmentatif. 
 
a) Formation du diminutif : classes nominales ka et tu 
Dans la formation des diminutifs en ciluba se fait par substitution des préfixes initiaux du nom par les préfixes ka et tu qui ajoutent au nom un sens soit appréciatif soit dépréciatif et ce, selon l’intention du locuteur et du contexte. Il est à noter que la formation du diminutif dépréciatif s’accompagne parfois d’un redoublement du thème nominal. 
Exemples : 
· Positif diminutif appréciatif diminutif dépréciatif 
muntu kantu kantuntu 
un homme un petit homme petit homme de rien du tout 
tuntu tuntuntu 
de petits hommes de petits hommes de rien du tout 
 
mukaji kakaji kakajikaji 
une femme une petite femme petite femme de rien du tout 
tukaji tukajiji 
de petites femmes de petites femmes de rien du tout 
 
cilamba kalamba kalambalamba 
un habit un petit habit un petit habit de rien du tout  
tulamba tulambalamba 
de petits habits de petits habits de rien du tout 
 
nzubu kazubu kazubuzubu 
une maison une petite maison une petite maison de rien du tout 
tuzubu tuzubuzubu 
de petites maisons de petites maisons de rien du tout 
 
 
b) Formation de l’augmentatif : classe ci et bi 
La formation de l’augmentatif en ciluba se fait par le remplacement des classes habituelles par le préfixe ci- au singulier et bi- ou lu- au pluriel et il y a obligatoirement le redoublement du thème. Il est à noter que le sens de l’augmentatif est toujours péjoratif. 
Exemples : 
· Positif augmentatif dépréciatif augmentatif dépréciatif 
muntu cintuntu luntuntu 
un homme un gros homme de rien du tout un gros homme de rien du tout 
 
bintuntu 
de gros hommes de rien du tout 
 
mukaji cikajikaji lukajikaji 
une femme une grosse femme de rien du tout une grosse femme de rien du tout 
 
bikajikaji 
de grosses femmes de rien du tout 
 
cilamba cilambalamba lulambalamba 
un habit un gros habit de rien du tout un gros habit de rien du tout 
 
bilambalamba 
de gros habits de rien du tout 
 
nzubu cizubuzubu luzubuzubu 
une maison une grosse maison de rien du tout une grosse maison de rien du tout 
 
bizubuzubu 
de grosses maisons de rien du tout 
 
c) Formation des noms abstraits 
Les noms désignat les réalités abstraites en ciluba peuvent être obtenus à partir des adjectifs ou des noms et cela par substitution des préfixes initiaux par le préfixe bu-. 
Exemples : 
· Nom concret nom abstrait  
muntu homme buntu humanité 
mwana enfant bwana enfance 
mukaji femme bukaji féminité 
mununu vieux bununu vieillesse 
mujika célibataire bujika célibat 
mufiika noir bufika noirceur 
mutooka blanc butooka blancheur 
mulanda pauvre bulanda pauvreté 
 
4.1.1.2 Noms dérivés de verbes 
Plusieurs substantifs peuvent être obtenus à partir des verbes. L’opération consiste à adjoindre au radical verbal un préfixe précis des classes et d’une voyelle fianle déterminée. Grâce á ce type de dérivation, on peut obtenir des substantifs exprimant plusieurs nuances : la mauvaise mainière de faire, les lieux et les instriments, le résultat de l’action, la raison de l’action, l’agent de l’action et la manière de faire. 
a) La mauvaise mainière de faire : les préfixes bu- et la finale -vi 
Exemples : 
· Verbe Nom dérivé 
kudya budyavi 
manger une mauvaise manière de manger 
 
kwakula bwakulavi 
parler une mauvaise manière de parler 
 
kunwa bunwavi 
boire une mauvaise manière de boire 
 
kwenza bwenzavi 
faire une mauvaise manière de faire 
 
b) Les lieux et les instriments : les préfixes ci- ou bi- et la finale –u 
Exemples : 
· Verbe Nom dérivé 
kunwa cinwinu binwinu 
boire buvette buvettes 
 
kudya cidilu bidilu 
manger restaurant restaurants 
 
kukomba cikombu bikombu 
balayer balai balais 
 
kubanda cibandilu bibandilu 
monter escalier, échelle escaliers, échelles 
 
kusomba cisombelu bisombelu 
s’asseoir résidence résidence 
 
c) Le résultat de l’action : les préfixes lu- ou n- et la finale –u 
Exemples :  
· Verbe Nom dérivé 
kukina lukinu nkinu 
haïr la haine les haines 
 
kufwa lufu mfu 
mourir la mort les morts 
 
kulomba lulombu 
demander la mendicité 
 
d) La raison de l’action : les préfixes di- ou ma- et la finale –a 
Exemples : 
· Verbe Nom dérivé 
raison de l’action 
kusanka disanka masanka 
se réjouir la réjouissance les réjouissances 
 
kulomba dilomba malomba 
demander demande les demandes 
 
kusomba disomba 
résider résidence  
 
kunaya dinaya manaya 
jouer jeu jeux 
 
e) L’agent de l’action : les préfixes mu- ou ba-, ci- ou bi- et la finale –i ou a 
Exemples : 
· Verbe Nom dérivé 
L’agent de l’action 
kudima mudimi badimi 
cidima bidima 
cultiver cultivateur cultivateurs 
 
 
kuloba mulobi balobi 
pêcher pêcheur pêcheurs 
 
kulongesha mulongeshi balongeshi 
cilongesha bilongesha 
enseigner enseignant enseignants 
 
kusambidisha musambidishi basambidishi 
cisambidisha bisambidisha 
catéchiser catéchiste catéchistes 
 
kulonga mulongi balongi 
cilonga bilonga 
étudier étudiant étudiants 
 
Certains verbo-nominaux désignat des agents spécialisés peuvent être obtenus grâce à la préfixation de la nazale n- m- ou ng et la suffixation de la voyelle-a comme finale: Le pluriel de ces noms se fait par la préfixation du préfixe ba- aux suffixes initiaux. 
Exemples : 
· Verbe Nom dérivé 
Agent spécialiste 
kwamba ngamba baangamba 
kwenda ngenda baangenda 
kulongesha ndongesha baandongesha 
 
f) La manière de faire : les préfixes n-, ng ou m- et la finale –u 
Exemples :  
· Verbe Nom dérivé 
La manière de faire 
kudya ndilu 
manger manière de manger 
 
kwikala ngikadilu 
être manière d’être  
 
kunwa nwinu 
boire manière de boire 
 
kwamba ngambilu 
dire maniére de dire 
 
kudila ndidilu 
pleurer manière de pleurer 
 
4.1.2 La dérivation verbale 
La dérivation verbale est un processus par lequel on forme un verbe à partir d’un autre verbe ou à partir d’un adjectif. 
4.1.2.1 Les verbes dérivés de verbes 
La formation de nouveaux vebes à partir d’autres verbes se fait par l’adjonction des suffixes aux raducaux des verbes initiaux. Il existe en ciluba plusieurs suffixes pouvant être adjoints aux radicaux initiaux et chacun d’eux a la particularité d’ajouter au verbe eb formation une nuance ou un sens supplémentaire. Les suffixes les plus courants sont: 
 
a) L’applicatif : -il, -el, -in, -en 
Il indique que l’action exprimée par le verbe se fait pour quelqu’un, en sa faveur, à son détriment ou à sa place. Il peut aussi indiquer aue l’instrument qui sert à l’action ou le lieu où se fait l’action. Dans ce dernier cas, le nom de l’instrument ou lieu est toujours présent dans l’énoncé. 
Exemples : 
· kubala lire kubadila lire pour 
· kudima cultiver kudimina cultiver pour 
· kudya manger kudiila manger pour 
· kukeba chercher kukebela chercher pour 
· kulama garder kulamina garder pour 
· kumona voir kumwena voir pour 
 
b) Le causatif : -ish, -esh, -ij, -ej 
Il indique qu’on peut faire l’action, qu’on aide à faire l’action, qu’on permet ou occasionne l’action exprimée par le verbe. 
Exemples : 
· kubala lire kubadisha faire lire 
· kufika arriver kufikisha faire arriver 
· kuja danser kujiija faire danser 
· kumona voir kumwesha faire voir 
· kumvwa écouter kumvwija faire écouter 
· kwakula parler kwakwisha faire parler 
· kwasa bâtir kwashila faire bâtir 
· kwenza faire kwenzeja faire faire 
· kwimba chanter kwimbisha faire chanter 
 
c) Le passif : -ib- / -ibu-, -ik- 
Le suffixe passif indique le sujet subit l’action exprimée par le verbe au lieu de la faire. 
Exemples : 
· kubutama se cacher kubutamiibwa être caché 
· kulama garder kulamibwa être gardé 
· kumvwa écouter kumvwika être écouté 
· kupya brûler kupiika ëtre brûlé 
· kutapa blesser kutapika être blessé 
· kutuuta frapper kutuucika être frappé 
 
d) Le réciprocatif : -angan 
Ce suffixe exprime une action extensible et répétée ou une action qui se déroule entre deux êtres ou deux objets de telle manière que l’un agit sur l’autre et inversement. 
Exemples : 
· kudya manger kudyangana s’entre-manger 
· kukuma battre kukumangana se battre l’un et l’autre 
· kupenda insulter kupendangana s’insulter l’un et l’autre 
· kutapa blesser kutapangana se blesser l’un et l’autre 
· kutuma envoyer kutumangana s’envoyer l’un et l’autre 
 
e) Le réversif : -ul-, -un-, -uk- 
Le verbe formé grâce à ce suffixe indique une action contraire à celle du verbe initial. Il existe deux sortes de suffixe réversif, à savoir le réversif actif et le réversif passif. 
· Le rérvesif actif : -ul-, -un- 
Les verbes formés grâce à ce suffixe sont transitifs c’est-à-dire qu’ils nécessitent la présence d’un complément d’objet. 
Exemples : 
· kukanga fermer kukangula ouvrir 
· kubumba amasser kubumbula démolir 
· kuvwala se vêtir kuvuula déshabiller 
· kulamika coller, attacher kulamuna détacher 
 
· Le réversif passif : -uk- 
 
Les verbes qui s’obtiennent grâce à suffixe sont intransitifs et expriment un état ou une disposition à subir une action contraire. 
Exemples : 
· kunzulula ouvrir kunzuluka s’ouvrir 
· kukanga fermer kukanguka s’ouvrir 
· kubutula exterminer kubutuka se faire exterminer 
· kupapula effrayer kupapuka s’effrayer 
· kwambula porter kwambuka se faire transporter 
 
f) L’itératif : -ulul-, -olol-, -unun- 
Le suffixe itératif indiaue que l’action exprimée par le verbe est faite à plusieurs, il indique aussi un prolongement ou une insistance de l’action. 
Exemples : 
· kwimba chanter kwimbulula chanter de nouveau 
· kwamba dire kwambulula redire, répéter 
· kulomba demander kulombolola redemamder 
· kulonga apprendre kulongolola réapprendre 
· kutuma envoyer kutumununa envoyer de nouveau 
 
g) Le statif : -am-, -om- 
Le suffixe atatif marque un état, une situation, une attitude ou une disposition. 
Exemples : 
· kululama être droit, se tenir droit 
· kusendama se pencher, se tenir pencher 
· kubutama se tenir caché 
· kufofoma ëtre aveugle 
 
Il existe également le suffixe statif actif –ik- ou –ek- qui sert à indiquer que le sujet fait l’action. 
Exemples : 
· kuludika guider, indiquer la direction 
· kusendeka incliner, ironiser 
· kubacika rendre calme 
· kuladika endormir 
· kwambika ordonner, autorise 
 
h) Le contactif : -kan- 
En ciluba, le suffixe contactif –kan- exprime un état. 
Exemples : 
· kutamba passer kutambakana aller et revenir 
· kuswika lier kuswikakana être entremelé 
· kukwata saisir kukwatakana coaguler 
· kufina presser kufinakana être confiné 
· kututa battre kututakana se croiser 
 
Il existe aussi en ciluba le suffixe contactif actif – akaj- qui sert à indiquer que le sujet fait l’action. 
Exemples : 
· kutambakana aller et revenir kutambakaja envoyer plusieurs fois 
· kukwatakana coaguler kukwatakaja faire coaguler 
· kututakana se croiser kututakaja croiser 
· kuswikakana être entremélé kuswikakaja lier solidement, fomenter 
· kukutakana se laisser tromper kukutakaja tromper 
 
 
Remarques : 
a) De nombreux verbes en ciluba peuvent également être dérivés à partir des thèmes ajdectivaux. 
Exemples : 
Thème adjectival verbe dérivé 
· -bi mauvais kubiipa devenir mauvais 
kubiipisha rendre mauvais, diaboliser 
 
· -le long kuleepa devenir long 
kuleepesha allonger 
 
· -fiika noir kufiika deveni noir 
kufiikisha rendre noir 
 
· -tooka blanc kutooka devenir blanc 
kutookesha rendre blanc  
 
· -lengela bon kulengela devenir bon 
kulengeja rendre bon, corriger 
 
b) On peut également dériver de nouveaux verbes en ciluba en redoublant le radical verbal d’un verbe initial; dans ce cas, on exprime alors une action intensive, une action répétée avec généralement une nuance péjorative ou une action présentée comme désordonnée. 
Exemples : redoublement du radical 
Verbe initial verbe dérivé au radical redoublé 
· kwakula parler kwakulakula parler sans motif valable 
· kulomba demander kulombalomba mendier 
· kusela épouser kuselasela épouser en désordre 
· kudya manger kudyadya manger en désordre 
·  
 
c) Deux ou plusieurs suffixes peuvent aussi se suivre ou s’ajouter à un radical verbal aux fins de former un nouveau verbe. Chaque suffixe entrant dans la combinaison garde son sens. Les possibilités de combinaison étant nombreuses pour ne pas dire infinies, nous donnons ici quelques cas illustratifs. 
Exemples : suffixes –ish il 
Verbe initial verbe dérivé  
· kulamba préparer kulambishila faire préparer pour quelqu’un 
· kutuma envoyer kutumishila faire envoyer pour quelqu’un 
· kwakula parler kwakwishila faire parler pour quelqqu’un 
· kutuuta frapper kutuucishila faire frapper pour quelqu’un 
· kushipa tuer kushipeeshela faire tuer pour quelqu’un 
 
Exemples : suffixes –ish angan 
Verbe initial verbe dérivé 
· kusomba emprunter kusombeshangana se prêter mutuellement 
· kutula cueillir kutudishangana cueillir les uns pour les autres 
· kutwa piler kutwishangana piler les uns pour les autres 
· kusomba demeurer kusombeshangana demeurer les uns ches les autres 
· kufunda écrire kufundishangana écrire les uns pour les autres 
 
Exemples : suffixes –esh -ish- 
· kudya manger kudishisha faire manger 
· kulekela cesser kulekeshesha faire cesser 
· kufunda écrire kufundishisha faire écrire 
· kwakula parler kwakwishisha faire parler 
· kulamba cuisiner kulambishisha faire cuisiner  
 
Exemples : suffixes –il -angan- 
· kwamba dire kwambilangana se dire 
· kufunda écrire kufundilangana s’écrire 
· kwakula parler kwakwilangana plaider l’un pour l’autre 
· kufwa mourir kufwilangana mourir l’un pour l’autre 
· kulamba cuisiner kulambilangana cuisiner l’un pour l’autre 
 
4.2 La composition 
On entend par la composition la construction d’une unité lexicale complexe au moyen d’un morphème grammatical non affixal et d’un morphème lexical ou d’au moins deux morphèmes lexicaux libres ou liés, pouvant donc eux –mêmes servir de base à une dérivation, les morphèmes libres pouvant être accompagnés d’un ou plusieurs morphèmes non lexicaux.  
De nouveaux mots peuvent être formés en ciluba par la jonction de deux ou plusieurs mots : noms, verbes, adjectifs, etc.). 
4.2.1 Particule nom 
Les noms formés par la jonction d’une particule et d’un nom contiennent géneéralement un élément invariable qui n’a pas d’existence autonome en dehors de la composition. Cet élément peut se joindre à des noms divers pour former plusieurs mots. Les particules les plus usitées en ciluba sont: mwena (mwina), mukwa (bukwa), mwa, sha, bayaa, muku (mubu), nyaanaa. 
 
a) La particule mwena / mwina 
Récurrent et lié, cette particule signifie : originaire de, propirétaire de et entre en comibinaison avec un certain nombre de catégoties grammaticales. 
Exemples : 
· mwenamanda originaire de Manda 
· mwenamusoko propriétaire, habitant du village 
· mwenanzubu propriétaire, maître de la maison 
· mwenamukanda propriétaire du livre, un lettré 
· mwenamwabu habitant du village, citoyen 
 
b) La particule mukwa 
Cette particule alterne avec la particule mwena et sert à cpmposer des noms désignant une appartenance ethniaue, lignagère ou clanique. 
Exemples : 
· mukwambuyi du village de Mbuuyi 
· mukwansumpi du village de Nsumpi 
 
c) La particule mwa 
Réccurent et lié, cette particule qui “signifie mère de “ entre en combinaison avec des anthroponymes pour former des termes de référence: nomme la mère par le nom de l’enfant. Les composés obtenus par la jonction avec cette aprticule commandent les accords dans les classes nominales mu- et ba-. 
Exemples : 
· mwambuuyi mère de Mbuuyi 
· mwakatende mère de Katende 
· mwaciabu mère de Ciabu 
· mwabibola mère de Bibola 
 
d) La particule sha 
Cette particule qui signifie “père de” est l’antonyme de la précédente (mwa) et elle se combine avec un nom pour désigner le père. 
Exemples : 
· shambuuyi père de Mbuuyi 
· shabaanyi père de multiples 
 
e) La particule muku ou mubu 
Récurrent et lié, cette particule se combine uniquement qvec les possessifs et a le sens de “ami de”. 
Exemples : 
· mukwanyi mon ami, mon compagnon 
· mubwanyi mon ami, mon compagnon 
· mukwabu leur ami, leur compagnon, un autre 
 
f) La particule nyaanaa 
Récurrent et lié, cette particule se combine uniquement avec les possessifs et les anthroponymes en ciluba. 
Exemples : 
· nyaanêba ton cpmpagnon, ton ami 
· nyaanaaKasongo l’ami ou le compagnon de Kasongo 
4.2.2 Nom nom 
Exemples : 
· mwanzankongolo mwanza nkongolo arc-en-ciel  
mwanza eau 
nkongolo serpent 
 
· nsokumuntu nsoku muntu chimpanzé, singe 
nsoku singe 
muntu homme 
 
· mukalengamukaji mukalenga mukaji cheftaine 
mukalenga monsieur, chef 
mukaji femme 
4.2.3 Verbe nom 
Exemples : 
· cikumambila cikuma mbila orateur, speaker, celui qui crie 
cikuma qui frappe 
mbila les cris  
 
· kaminabidya kamina bidya la luette 
kamina qui avale 
bidya la pâte à base de maïs ou de manioc 
 
· kadibidya kadi bidya qui ne mange pas le bidya 
kadi qu’il ne mange pas 
bidya la pâte à base de maïs ou de manioc 
4.2.4 Nom adjectif 
Exemples : 
· dikasadibi dikasa dibi malchance 
dikasa pied 
dibi mauvais 
 
· mvulambedi mvula mbedi première pluie après la saison sèche 
mvula la pluie 
mbedi premier 
 
· mashimabi mashi mabi malchanceux 
mashi sang 
mabi mauvais 
4.2.5 Locatif nom 
Dans cette forme de composition, le nom se place toujours en seconde position. 
Exemples : 
· kunyima ku nyima derrière, sur le dos, après 
ku à, vers, 
nyima le dos 
 
· pambelu pa mbelu dehors 
pa sur, au, vers, autour de, au-delà de 
mbelu seuil de la porte 
 
· munjila mu njila sur la route, en chemin 
mu sur, dans, en 
njila chemin, trottoir 
 
4.3 L’emprunt 
L’emprunt à une autre langue source, est l’un des moyens que possèdent les langues pour enrichir leur vocabulaire. L’une de ses variantes, appelée calque, consiste spoit à emprunter un emploi, c’est-à-dire un signifié, sans que le signifiant lui-même soit emprunté, soit à traduire littéralement dans la langue d’accueil une expression de la langue source.  
Le ciluba comme toute langue humaine a dans son lexique un bon nombre de vocables qui sont empruntés à d’autres langues, notamment le lingala, le kikongo, le kiswahili, le portugais, le français et l’anglais. 
Exemples : 
· cikolopu < du kiswahili kikolopu torchon, loque 
· kabadi < de l’anglais cupboard armoire 
· kucyoka < du kiswahili kuchioka se fatiguer 
· kutumika < du kiswahili kutumika travailler 
· lampi < du français lampe lampe 
· lutuku < du lingala lotoko boisson alcoolisée 
· mbulamatadi < du kikongo mbulamatari chef, Etat 
· mbulanketa < du l’anglais blanket couverture 
· meesa < du latin mesa table 
· nsukaadi < du portugais asukar sucre 
· nzambi < du kikongo nzambi Dieu 
 

  
(c) ADI GILBERT KADIMA BATUMONA - Créé à l'aide de Populus.
Modifié en dernier lieu le 2.10.2005
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